Corinne Masiero programme

Corinne Masiero programme

L'édito de la semaine

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« Une ode aux valeurs que je défends, c'est-à-dire le droit d'exister pour tous et toutes, le droit d'exister au sein d'une famille, au sein d'un pays, au sein d'une société. Et puis c'est une ode aussi aux militants et militantes bénévoles qui grâce à leur énergie, leur temps consacré aux autres, permettent de faire avancer la société. »

Ainsi parle Corinne Masiero du film J'en suis j'y reste. C'est avec bonheur que nous accueillons cette actrice vraiment unique dans le cinéma français, pour la programmation de cette semaine. Pour la Carte blanche que nous lui avons confiée, elle vous a choisi trois films généreux, qui traitent de sujets de société durs mais pour lesquels l'expression et la parole sont nécessaires – « c'est pas pour faire des gros titres comme dans certains magazines de merde », dit Corinne. Et d'ailleurs vous entendrez sa voix (et aussi quelques petits oiseaux derrière), car, au lieu de rédiger des avis, elle nous a enregistré des vocaux, à écouter sur les pages des films !

Il y a J'en suis j'y reste, donc, qui passe du temps au centre LGBTQIFA+ de Lille, à la rencontre de personnes exilées, persécutées dans leur pays d'origine pour leur orientation sexuelle ou leur genre. Un lieu de rencontre et d'attention, rendu vivant par les bénévoles, un lieu de mots, d'échanges et de récits – pour espérer un accueil, un asile.

Dans Inceste, le dire et l'entendre, c'est encore une histoire de mots. Le titre est explicite et résonne avec cette phrase entendue dans le film : « on l'a vécu, vous pouvez l'entendre ». Le film, ce sont sept femmes et un homme qui décident de raconter la réalité crue de l'inceste. Ce sont des mots durs à entendre mais qu'on peut entendre, oui. « Trouver pourquoi ça se produit, pourquoi ça se sait, pourquoi ça se tait et pourquoi ça se transmet de génération en génération », dit Corinne Masiero. Corinne, qui fait partie des témoins qui interviennent dans le film.

Enfin, Nous les femmes. Où pour le coup Corinne Masiero est pleinement impliquée, car c'est son groupe de musique qui en est au centre : Les Vaginites ! Alors c'est punk, plein de couleurs et d'humour, mais aussi de gravité. Trois comparses, Corinne, Audrey et Stéphanie, qui sur scène luttent avec les mots contre les violences faites aux femmes. « De l’utilité de l’art pour réparer les âmes blessées » dit le résumé. Et Corinne : « Libérer la parole, oui, et après qu'est-ce qu'on en fait ? Et comment on reconstruit, comment on déconstruit et reconstruit notre société pour en faire quelque chose de plus équitable, de plus juste ? Parce que tant qu'on n'aura pas donné une solution à ce problème des violences sexistes et sexuelles la société elle sera toujours bancale ».


Vous l'attendiez sur Tënk, c'est enfin arrivé : un film post-apocalyptique avec des zombies ! C'est Knit's Island, réalisé par un trio de cinéastes : Guilhem Causse, Ekiem Barbier et Quentin L'helgoualc'h. Un film entièrement réalisé à l'intérieur d'un jeu vidéo (on appelle ce genre de films des « machinimas »). Ici, le jeu, c'est un univers survivaliste, où on doit s'organiser en communautés et tenter de... de vivre ? Que vient-on y faire exactement ? C'est bien la question que posent les réalisateurs, embarqués là pendant des centaines d'heure, de rencontre en rencontre. On y croise toutes sortes de gens. De ceux qui viennent laisser libre court à leur violence, à leurs désirs de pouvoir. Mais aussi, surtout, des gens « comme vous et moi ». Des gens de tout autour du monde, dont on finit par entrevoir la vie hors-écran, qui viennent là pour un refuge ou tout simplement pour l'imaginaire, pour l'aventure ou alors aussi pour faire pousser des courgettes. Un film très impressionnant, qui trouble en permanence les limites de la vraie vie et de la fiction. Et qui fait voyager sur des terres inconnues, une île sans fin !


Un autre voyage : Le Caire raconté par Youssef Chahine. Le cinéaste, originaire d'Alexandrie, est amoureux du Caire et nous en fait part de toutes les manières qu'il peut, c'est-à-dire avec beaucoup de cinéma ! Il nous promène non seulement dans les rues, mais aussi et surtout auprès des gens qui peuplent la ville. Il joue de la fiction, des archives, des événements politiques (la 1ère guerre du Golfe), il aborde la religion, la gentrification... Tout cela avec grande poésie : « la tendresse du cinéaste pour les Cairotes tient tout ensemble » écrit notre programmatrice Mathilde Rouxel. Un court métrage à découvrir comme une curiosité dans l'œuvre du grand cinéaste égyptien !

Bons films !