Palestine, des films

Palestine, des films

L'édito de la semaine

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Jonny Greenwood, le guitariste, n'est pas d'accord avec Thom Yorke, le chanteur, mais ils ne veulent pas se brouiller – l'avenir de Radiohead est en jeu. Thom condamne la politique israélienne et refuse à présent de jouer dans le pays, quand Jonny fait des tournées avec un musicien israélien à qui il est arrivé de se produire pour divertir les troupes armées. Du coup, des appels au boycott du groupe sont lancés, dans le cadre des campagnes de boycott culturel d'Israël. C'était déjà le cas en 2017, quand le réalisateur Mahdi Fleiffel a signé une pétition en ce sens. Puis, quelques heures après, paniqué, il a appelé un ami. Et c'est le sujet de I Signed the Petition. Un coup de fil pour s'interroger sur les conséquences d'une signature pour sa propre personne, mais aussi et surtout sur le pouvoir qu'on a – ou pas – en tant qu'individu. Et si ce pouvoir est infime, c'est encore le signe de quelque chose qui persiste, « l’ultime territoire d’une présence qui refuse de s’éteindre »

« - En fait, je m'en fous de Radiohead.
- Oui, mais c'est la première étape, ne pas s'en foutre. »

Ce film a été montré dans le cadre de la programmation Palestine : Formes du refus à Cinéma du réel cette année. Un ensemble de films choisis en collaboration avec la réalisatrice palestinienne Jumana Manna, et accompagnés sur Tënk par notre programmatrice Mathilde Rouxel.

Mahdi Amel, intellectuel libanais, assassiné en 1987, surnommé « le Gramsci arabe » a écrit : « Celui qui résiste n’est jamais vaincu ». Mahdi Amel in Gaza: On the Colonial Mode of Production pose la question des dettes envers les luttes passées. Des responsabilités que nous avons envers les disparus. Et envers Gaza. Dans cet essai, « pas de réponse définitive. Plutôt l’injonction à ne pas détourner le regard ».

Et puis il y a Home Movies Gaza qui, comme son nom l'indique, devrait montrer la vie quotidienne dans le territoire – ici en 2013. Mais c'est dans un tout autre type de court métrage que vous entrerez. Ce sera une errance sensorielle, des paysages sans attrait, des couleurs qui se faussent, un traitement expérimental... « En détournant le "film de famille", [l'artiste Basma al-Sharif] réclame le droit à la banalité pour un territoire que l’on ne nous donne à voir que par ses ruines ». Et Mathilde Rouxel poursuit : « Ici, l’image n’est pas seulement là pour documenter ; elle devient le refuge d’une mémoire qui refuse l’effacement. Un acte nécessaire où le geste de filmer devient, en soi, une demeure ».


On s'en va bien loin à présent, en Ouganda, dans la forêt équatoriale. Auprès d'une primatologue, Sabrina Krief, et au plus près possible, aussi, des chimpanzés qu'elle étudie. C'est dans Les Gardiens des Monts de la Lune. Barberine Feinberg, qui programme le film, le remarque : « de Jane Goodall à Dian Fossey, la primatologue est devenue une figure de cinéma ». Ici c'est un film sur l'attention d'une chercheuse et de son équipe, qui tentent de préserver cette communauté qui côtoie de très près celle des humains. Et c'est aussi, bien sûr, l'émerveillement dans les yeux des scientifiques, comme dans les nôtres devant ces images de ces vies dans les branches, toujours très impressionnantes.


La vie c'est pas des films mais quand même on se prend parfois à s'imaginer dans le rôle principal. Ou même parfois on s'imagine être un film tout entier. On a tous déjà mis une bonne grosse musique en voiture en s'imaginant le beau travelling que ça donnerait à l'écran. La Película c'est ça. Des gens, dans les rues de Lima au Pérou, qui s'expriment : si ta vie était un film, ce serait quel genre ? De la romance ? De la science-fiction ? Et il aurait quel titre ? Un court métrage qui fait le lien entre la vie quotidienne et le cinéma. Entre des visages divers et l'intimité de leurs imaginaires. 

Bons films !