
Amitié, promis juré
L'édito de la semaine
Tous les vendredis, nos programmations sont accompagnées d'un édito qui vous présente les films de la semaine. Vous pouvez le recevoir par mél en vous inscrivant à la newsletter, mais aussi retrouver toutes les archives ici !
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I'll be there for you (When the rain starts to pour)
I'll be there for you (Like I've been there before)
I'll be there for you ('Cause you're there for me too)
Vous avez déjà l'air en tête – oui ce sont quelques friends dans leur petit loft sympa à Greenwich Village. Pour parler d'amitié, il y a une autre chanson qu'on aime beaucoup, de Bertrand Betsch : Quand la pluie aura cessé / Tu viendras me visiter / Tu n'auras rien à me dire / Tu n'as jamais su mentir / On se sourira / En buvant du muscat / En picorant des cacahuètes / En grillant quelques cigarettes / On regardera la télé / La tête penchée sur le côté / Mon ami / Tu n'es pas sans savoir / Mon ami / Que j'aime bien te voir / Mon ami / Reviens de temps en temps me voir.*
On aurait pu citer Aristote, sinon : « L’objet principal de la politique est de créer l’amitié entre les membres de la cité ».
Bref. On va parler d'amitié cette semaine, avec l'Escale Amitié, promis juré. Elle est programmée à l'occasion (pile) des 10 ans de Tënk.
Promise, jurée, on ne sait pas, mais l'amitié entre le réalisateur Ross McElwee et Charleen Swansea est de celles qui ont duré – toute une vie. Charleen, c'est le tout premier film de McElwee, en 1977. C'est un portrait de cette amie professeure et poétesse, qui donne à ses élèves le goût des mots. C'est aussi le début d'une grande histoire de cinéma, car Charleen, on la retrouvera plus tard dans les autres films du cinéaste, qui a fait de sa propre vie la matière de toute sa filmographie (trois de ses films sont en location ici). Et c'est bien émouvant, de voir cette amitié-là qui durera encore plus de 40 ans !
On n'a pas tous les mêmes amis : Jonas Mekas, lui, connaissait pas mal de monde, à New York, au 20e siècle. Et beaucoup, beaucoup d'artistes. Celui-ci n'est pas des moindres : Andy Warhol. Scenes From the Life Of Andy Warhol: Friendships and Intersections, c'est un journal filmé, à la mode Mekas : expérimental, tremblé, musical (les Velvet Underground ouvrent le film). Et c'est un regard : « Mekas, écrit Naomie Décarie-Daigneault, déborde de tendresse. Ici, c’est sur Warhol qu’elle rejaillit. Le regard qu’il lui porte n’est ni complaisant, ni béat, ni indiscret, ni générique. Il est plein de vie, de rires, d’admiration joyeuse et de réciprocité. C’est le regard d’un artiste, nourri, amusé et enchanté par un autre artiste, avec le cœur et la générosité de celui qui sait aimer sans attente ni contrainte. » Une grande amitié au cœur de la vie artistique new-yorkaise !
Et comme c'est aussi une programmation anniversaire, nous avons choisi de rediffuser des films qui nous ont fait du bien au fil des ans. Un très, très beau film solaire, Quebramar, qui raconte les vacances à la mer de jeunes lesbiennes au Brésil. Les nuits troubles et trash d'une bande d'amies parisiennes à la langue bien pendue dans Jungle – d'une énergie folle ! Et puis ces ami·es qui restent, y compris sous les balles des snipers et les bombes. Comme avec ces liens tissés en pleine guerre civile syrienne dans le camp de réfugiés palestiniens en périphérie de Damas. Ce sont les inoubliables Chebabs de Yarmouk d'Axel Salvatori-Sinz.
Par-delà les années, le temps qui passe – une décennie déjà, que Tënk existe – ces ami·es rencontré·es dans les films sont un peu les nôtres. Amitié, promis juré !
Bons films !




