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61 min
Cameroun, France, 1999

Production : Les Films du Raphia

Programmé par Olivier Barlet

Français
Anglais

Les films de Jean-Marie Teno



Résumé


“De passage dans mon village pendant le week-end du 20 décembre 1997, alors que j’assiste en “touriste” aux cérémonies d’inauguration d’un monument à la gloire d’un ancien chef, je suis témoin d’une scène de justice populaire pendant laquelle un adolescent risque de perdre la vie pour avoir volé une poule et quatre poussins. Quelques heures plus tard, je découvre au dos d’un calendrier, un texte d’une rare violence contre les femmes : le règlement intérieur du mari au foyer. Enfin, pour avoir posé la question de l’état de santé du Chef de l’état camerounais, Paul Biya, Pius Njawé, un journaliste réputé est jeté en prison. Il en sort 10 mois plus tard avec un témoignage accablant sur les conditions inhumaines de détention dans la prison de New-Bell à Douala. C’est le point de départ d’une réflexion sur les inégalités au Cameroun, pays de chefs, petits et grands.”

L'avis de Tënk


Jean-Marie Teno n’a pas écrit ce documentaire : il a tourné intuitivement des scènes marquantes. Ce sont cette spontanéité, cette liberté et cette expérimentation qui constituent les archives d’un film à la faveur du questionnement qui s’impose : comprendre l’autoritarisme à l’œuvre dans la vie quotidienne comme dans les institutions, des instances traditionnelles à la tête de l’État. Ici encore, son ironie face au “grand écart sans échauffement et sans entraînement” : les tentatives de la chefferie de Bandjoun de convertir une présentation festive de danses rituelles et de masques en un meeting politique à l’européenne, sponsorisé par une marque de bière. Mais aussi son respect pour les résistances multiples, féministe, médiatique ou autre, qui dénoncent les inégalités et l’impunité dans un pays marqué par la schizophrénie d’une cohabitation sans ponts ni logiques entre les pouvoirs traditionnels et l’appareil d’État. Il n’en tire pas de conclusion, mais dresse le terrible constat du cycle de la violence, celle du passé induisant en toutes choses celle du présent.

Olivier Barlet
Critique de cinéma et rédacteur pour Africultures

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