L'éco-conception et Tënk

 

Contexte

Notre plateforme de documentaire www.on-tenk.com/ s’inscrit dans une démarche d’écoconception visant à réduire les impacts environnementaux. Dans ce cadre-là, Tënk a souhaité mettre en place un audit d'éco-conception.

Quatre objectifs principaux :

  • Concevoir des services numériques plus durables permettant d’allonger la durée de vie des terminaux ;
  • Promouvoir une démarche de sobriété environnementale face aux stratégies de captation de l’attention de l’utilisateur pour des usages en ligne avec les objectifs environnementaux internationaux ;
  • Diminuer les ressources informatiques mobilisées, optimiser le trafic de données et la sollicitation des infrastructures numériques ;
  • Accroître le niveau de transparence sur l’empreinte environnementale du service numérique.

 

Niveau de conformité RGESN

Voici les résultats de notre tout premier audit d’éco-conception, réalisé en mars 2025 par la coopérative Boscop.

Cet audit se base sur le référentiel général d’éco-conception des services numériques : RGESN.

Score d’avancement RGESN : 65%

Télécharger le rapport d’audit – grille d'avancement RGESN (PDF – 382 Ko)

 

Nos Objectifs

À moyen terme, nous visons un score d'avancement de 80%.

Horizon 3 à 5 ans, nous prévoyons de refaire un audit d'éco-conception.

Nous allons notamment nous pencher sur l'optisation des images sur le site.

 


 

Détails du diagnostic de l’écoconception

 

I · Stratégie

Évaluation de l’utilité du service, en tenant compte de ses impacts environnementaux

Le service numérique a-t-il été évalué favorablement en termes d’utilité en tenant compte de ses impacts environnementaux ?

L’utilisation du numérique pour ce service est-elle nécessaire ?
L’activité de la plateforme et du service de VOD de Tënk est intrinsèquement attachée à une ou plusieurs solutions techniques numériques. Sans le numérique, pas de Tënk. Une alternative proche étant la constitution d’une chaîne de télévision linéaire (et non “à la demande”), qui de fait est également une solution numérique aujourd’hui (seulement électronique par le passé).

Existe-t-il d’autres solutions non numériques pour répondre à ce besoin ?
Les solutions non-numériques pour regarder des films documentaires existent encore, mais sont rendus à la marge de la société : films en pellicule (patrimoine), salles de cinéma adaptées aux films en pellicule. En bref, oui, cela existe, mais est en voie d’extinction (presque).

Quels sont les réels besoins justifiant la création du service ?
Le cinéma est un art mais aussi un outil de médiation sociale (information, interconnaissance, aide à l’appréhension du monde). Le cinéma documentaire remplit lui doublement le rôle de médiation sociale de par la recherche effectuée sur le sujet (du film) mais aussi sur la forme accompagnant le sujet, pour rendre compte de réalités complexes et sensibles du monde dans lequel nous vivons. Tënk et le service numérique de Tënk remplissent un vide, celui vécu de plus en plus par nos sociétés et leurs populations, qui ont vu émerger des images de plus en plus nombreuses (on parle de “saturation des images”), de plus en plus formatées (qui se ressemblent, qui sont guidés par une ligne éditoriale du diffuseur - Télévision, Plateforme, Réseaux Sociaux, etc. - elle-même guidée par des objectifs d’audiences et de rentabilité ; enfin, ajoutons la difficulté de retrouver des contenus de qualité, dans un monde en profusion d’informations et de propositions de contenus.

Tënk se propose d’être un média culturel, proposant des films documentaires d’auteur·rices, accompagnant le parti pris de la subjectivité de l’auteur·rice, et révélant la complexité du monde à la croisée des chemins entre les sciences humaines et sociales ou encore la sensibilité artistique.

Notons ici que ce cinéma documentaire a été promu durant 15-20 ans au niveau de la télévision publique (France Télévisions + ARTE) et qu’à partir de la décennie 2000, cette même télévision publique a réduit considérablement sa programmation de documentaires d’auteur·rices, au profit de contenus plus formatés, de commande, de type reportage, souvent sensationnalistes. La création de Tënk est une nécessité, qui répond directement, à cette partie qualitative des contenus audiovisuels (a minima en France).

La valeur ajoutée du service justifie-t-elle la mobilisation des ressources requises pour sa création ? Est-ce qu’on crée plus de valeur qu’on en détruit ?
Sans aucun doute, la valeur ajoutée de Tënk justifie les moyens mobilisés : temps humains, usage du numérique, etc.

A minima, le service de Tënk répond pleinement au 4ème objectif du développement durable de l’agenda2030 adopté au niveau de l’ONU : “ODD4 - EDUCATION DE QUALITE - Veiller à ce que tous puissent suivre une éducation de qualité dans des conditions d’équité et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie”.

Par ailleurs, très facilement, nous pourrions apporter des exemples de films documentaires qui sensibilisent sur l’ensemble des 16 autres objectifs du développement durable. Citons a minima l’existence de métadonnées de tri sur la plateforme Tënk renvoyant vers certaines objectifs du DD : ECOLOGIE (ODD2-ODD6-ODD7-ODD13–ODD14-ODD15) ; FEMINISMES (ODD5) ; SOCIETE (ODD1-ODD2-ODD3-ODD6-ODD7-ODD10-ODD11-ODD16) ; TRAVAIL (ODD8).

L’ensemble des 9 limites planétaires sont abordés - et régulièrement - au sein de la programmation de films documentaires de la plateforme Tënk.

Par ailleurs, nous considérons que nous créons bien plus de valeur ajoutée qu’on en détruit. Nous considérons qu’à chaque fois qu’une personne est sur Tënk ou regarde des films sur Tënk, c’est du temps de qualité qui est vécu, un temps qui construit, qui accompagne la vie (éducation, coopérations, actions), et qui repousse la mort (tensions, conflits, guerres).

Notons également que les outils numériques (d’autant plus de streaming vidéo) ont un impact non négligeable sur la consommation d’énergie, et les ressources diverses accompagnant l’infrastructure numérique, notons dans la foulée que la plateforme Tënk, de par ses programmes proposés, évite très habilement le phénomène du “binge-watching” (regarder plusieurs programmes dans la foulée, phénomène d’addiction construit par les plateformes dominantes, avec en point d’orgue les séries à suspens). Au contraire, sur Tënk, il est question de temps de visionnage, et de temps d’intégration et de réflexion. Aussi, il n’y a aucun encouragement à poursuivre le visionnage (pas de moyens UX déployés pour ce faire, bien au contraire).

Dernier élément, Tënk a commencé à rendre des films documentaires accessibles pour les personnes en situation de handicap auditif. Cette accessibilité est exclusivement possible sur Tënk (cela représente plus de 50 films documentaires chaque année).

Pour chaque fonctionnalité, est-elle vraiment nécessaire ? Peut-on faire autrement ? Que se passerait-il si on ne l’avait pas ?
Nous tentons au maximum de penser l’utilité de chacune des fonctionnalités proposées : à partir d’études quantitatives et qualitatives, à partir d’interviews utilisateurs, à partir de concertation au sein de la coopérative Tënk et avec les abonnés, au regard des usages sur d’autres plateformes (benchmark), et avec des études a posteriori (statistiques, autres) en vue d’améliorations.

La plateforme Tënk est assez “sobre” en fonctionnalités, et nos réflexions en cours, bien qu’allant dans le sens d’ajouts de fonctionnalités, reste sobre en quantités de fonctionnalités. D’ores et déjà, nous pensons la fin de certaines fonctionnalités qui ne rencontrent pas une importante utilisation ou intérêt pour les usagers (principe de l’amélioration continue).

Toutefois, la méthodologie d’écoconception existante trouve sa source au niveau du “bon sens”, elle reste sans aucun doute à parfaire, et à encadrer d’une bien meilleure manière, afin d’aboutir à des solutions plus performantes du point de vue de l’écoconception. Par exemple, nous n’avons jamais réalisé d’arbres de conséquences.

 

Données et licence

Le service numérique a-t-il recours à un niveau de chiffrement adapté à ses besoins ?
Les vidéos disponibles sur Tënk sont chiffrées : une restriction d’accès qui permet d’assurer que les vidéos ne soient lues que depuis un compte utilisateur autorisé. L’accès à l'œuvre requiert la validation d’un jeton temporaire (token) associée à la ressource demandée.
    • Chiffrement AES HLS : lors de l’encodage, l'œuvre est automatiquement protégée grâce à une clef de chiffrement AES (HLSe).
    • Protection SSL : l’accès aux ressources vidéo se fait via le protocole SSL, qui garantit le chiffrement des données entre le CDN (Bee propelled by Alphanetworks) et l’utilisateur, empêchant toute interception par un tiers.

Le service numérique a-t-il mis en place des efforts d’open source ?
Tënk a mis en place un partage de ressources avec les membres de son écosystème afin d’éviter le redéveloppement inutile de ressources existantes. C’est notamment le cas dans le cadre du projet Tënk Canada :

  • Partage d'architecture technique et usage par Tënk Canada du code de Tënk France et d'une trame Site Internet identique à celle de Tënk France

  • Principe de co-développement, on priorise les développements selon les ressources de l'un et de l'autre, et des besoins nouveaux de l'un et de l'autre

  • La logique de partage de l'architecture et du code permet à Tënk Canada d'avoir des coûts numériques très réduits. Cette logique est promise à d'autres réplications, du moins Tënk France est tout à fait preneur de nouvelles réplications si des opportunités/occasions se présentent, sur différents territoires/pays du monde

 

II · Spécifications

Configuration matérielle minimum pour accéder au service

Le service numérique a-t-il défini la liste des profils de matériels que les utilisateurs vont pouvoir employer pour y accéder ? Le service numérique est-il utilisable sur d’anciens modèles de terminaux ?
Le site Tënk a été testé et est utilisable sur des terminaux de plus de 7 ans : PC, smartphone.

Le service numérique est-il utilisable via une connexion bas débit ou hors connexion ?
Le service a été testé avec une connexion bas débit 3G et reste fonctionnel.

Le service numérique est-il utilisable sur d’anciennes versions de système d’exploitation et de navigateurs web ?
Le service numérique a été testé et reste fonctionnel sur des navigateurs obsolètes tels que :

  • Chrome 50 sorti le 20/04/2016

  • Firefox 50 sorti le 15/11/2016

  • Opera 30 sorti le 9 juin 2015

Il a également été testé et est resté fonctionnel sur Windows XP.

 

III · Architecture

Choix d’architecture et de composants

Le service numérique fonctionne-t-il sur une architecture pouvant adapter la quantité de ressources utilisées à la consommation du service ?
Le service numérique repose sur une architecture dite serverless, qui consiste à ne pas avoir de serveur qui fonctionne en permanence mais qui "réagissent" à une sollicitation.

Le service numérique est-il en mesure de supporter l’évolution technique des protocoles ?
Afin de prévenir les risques d’obsolescence et de limiter le besoin en mise à jour ou modernisation, le service numérique repose sur des protocoles pérennes et adaptés à ses fonctionnalités. En particulier :

  • Le service numérique est accessible en IPV6 (et en IPV4)

  • Le service numérique repose sur le protocole HTTPS

 

IV · Expérience et interface utilisateur

Composants

Le service numérique utilise-t-il uniquement du contenu vidéo, audio et animé porteur d’informations ?
Le service numérique n’intègre pas de contenu vidéo et audio à titre purement décoratif.

Le service numérique limite-t-il le recours aux notifications, tout en laissant la possibilité à l’utilisateur de les désactiver ?
Le service numérique se limite à une notification par mail par semaine.

 

V · Contenus

Le service numérique met en œuvre des principes d’écoconception pour diminuer dès que possible le poids des contenus audiovisuels qu’il intègre. Les éléments suivants font état des principaux périmètres définis pour minimiser l’empreinte environnementale des images, vidéos et de l’audio sur lequel repose le service.

Le service numérique propose-t-il des vidéos dont le mode de compression est efficace et adapté au contenu et au contexte de visualisation ?
Les films (vidéo) sont proposés selon deux formules :

  • Formule 1 - minoritaire à 20% : trois résolutions possibles 1080p OU 720p OU 540p

  • Formule 2 - majoritaire à 80% : trois résolutions possibles 720p OU 540p OU 360p

Image encodage H264 débit 8-10mb/s en format .MP4 / ratio image 16:9 1080p / son stéréo encodage AAC débit 320kb/s

Ce que la plateforme produit, c'est un éventail d'exports qui correspondent à différentes résolutions et débits :

  • Profil "1080p" : image encodage H264 débit 4.5mb/s en format .MP4 / ratio image 16:9 1080p / son stéréo encodage AAC débit 320kb/s

  • Profil "720p" : image encodage H264 débit 3.5mb/s en format .MP4 / ratio image 16:9 720p / son stéréo encodage AAC débit 320kb/s

  • Profil "540p" : image encodage H264 débit 1.5mb/s en format .MP4 / ratio image 16:9 540p / son stéréo encodage AAC débit 320kb/s

  • Profil "360p" : image encodage H264 débit 0,6mb/s en format .MP4 / ratio image 16:9 540p / son stéréo encodage AAC débit 320kb/s

L’éventail de profils disponibles pour chaque film répond à certains critères : qualité initiale du fichier livré par l'ayant-droit, choix du profil 1080p répondant à des préoccupations éditoriales (Coup de cœur, Film Cinéma, Film soutenu par Tënk, Film dispo 1 an, Restauration etc....)

C'est un choix assez original dans la profession, cela nous oblige à des processus adaptés au cas par cas, selon les films, ce qui rajoute un peu de complexité et de temps de travail. Mais c'est un choix judicieux, un nombre non-négligeable de films, en particulier les films "anciens", de patrimoine, n'auraient pas de valeur ajoutée à être en 1080p ou encore en 4K, 8K... Pourtant les plateformes les mettent artificiellement en résolution haute (1080p, 4K, 8K), simplement pour de l'affichage trompeur, en revanche la lourdeur des fichiers est bien réelle avec l'augmentation artificielle de la résolution.

 

VI ·  Frontend – Backend

Le service numérique a-t-il recours à un système de cache serveur pour les données les plus utilisées ?
Le service numérique a mis en place une stratégie de cache, optimisée au regard du type de contenu, du contexte d’application et des scénarios d’usage.

 

VII · Hébergement

Le service numérique utilise-t-il un hébergement ayant une démarche de réduction de son empreinte environnementale ?
L’hébergement du service est assuré par Vercel.

Cet hébergeur a pris les engagements suivant pour diminuer son empreinte environnementale :

Vercel s'engage à utiliser une architecture sans serveur, une alternative économe en énergie aux serveurs traditionnels. Alors que les serveurs traditionnels doivent rester sous tension même lorsqu'ils sont inactifs pendant de longues durées, le calcul sans serveur ne s'exécute qu'à la demande.

Le service numérique utilise-t-il un hébergement dont le PUE (Power Usage Effectiveness) et son WUE (Water Usage Effectiveness) est minimisé ?
AWS : En 2023, les centres de données AWS avaient un PUE global de 1,15, et notre site le plus performant se trouvait en Europe avec un PUE de 1,04. Dans les Amériques, notre site le plus performant a un PUE de 1,05, et en Asie-Pacifique, il est de 1,08. https://sustainability.aboutamazon.com/products-services/aws-cloud

Microsoft : dernière génération de centres de données (2022) a un PUE de conception de 1,12. https://azure.microsoft.com/en-us/blog/how-microsoft-measures-datacenter-water-and-energy-use-to-improve-azure-cloud-sustainability/

AWS : Selon sa dernière mise à jour, la consommation d’eau d’Amazon Web Services est passée de 0,25 L/kWh en 2021 à 0,18 L/kWh en 2023, soit une amélioration de 28 %. https://sustainability.aboutamazon.com/natural-resources/water

Microsoft : WUE de 0,55 aux USA et 0,1 en Europe : https://azure.microsoft.com/en-us/blog/how-microsoft-measures-datacenter-water-and-energy-use-to-improve-azure-cloud-sustainability/

Les objectifs de Microsoft et AWS sont encourageant et tendent vers des WUE très optimisés.

Le service numérique utilise-t-il un hébergement dont la localisation géographique est cohérente avec ses activités et qui minimise son empreinte environnementale ?
L’hébergement du service est situé dans les villes : Walnut en Californie aux États Unis

L’intensité carbone du mix énergétique du pays où sont localisés l’hébergement est estimé entre 251 et 500 CO₂eq/kWh d’après https://www.eia.gov/electricity/monthly/epm_table_grapher.php?t=table_1_01 en 2020, en Californie.

Il s’agit d’une valeur conforme à la trajectoire SBTi (Science-based Target Initiative) de réduction des émissions de gaz à effet de serre requise par l’accord de Paris.

Cependant, les utilisateurs sont majoritairement situés en France, un pays éloigné des datacenters californiens.

Le service numérique utilise-t-il un hébergement qui traite efficacement la chaleur produite par les serveurs
L’hébergeur du service numérique possède un PUE inférieur à 1.2 :