Résumé
« Tunisie. Un mot que j’ai du mal à articuler, quand je veux le dire à mon fils. » Dhia, 29 ans, a quitté la Tunisie après y avoir fait la Révolution. Exilé en France, il s’inquiète à l’idée de transmettre son bégaiement à Elia, son fils de deux ans. Bientôt, la quête n’est plus tant de trouver une parole fluide que de savoir comment parler de la Tunisie à Elia.
L'avis de Tënk
La double originalité de Derrière le soleil est que Dhia Jerbi a d’abord choisi d’aborder l’immigration à partir de son expérience personnelle, loin des grilles généralisantes, surplombantes, souvent simplificatrices donnant paradoxalement au film plus de force politique ; ensuite, sans céder à la métaphore facile du bégaiement de l’histoire, il a laissé au spectateur le loisir d’articuler le trouble de son élocution à la difficulté de discourir sur son propos : le passage d’un pays (La Tunisie) à un autre (La France), d’une culture à une autre et la nécessaire transmission du père à son fils, fruit d’une relation mixte. Le délicat effacement du moi autorise la douceur de l’approche malgré la gravité du sujet. L’investissement subjectif, au fondement du film, est ainsi contrebalancé par la place accordée à la parole des géniteurs, détour salutaire pour une meilleure communication du fils avec son fils.
Tahar Chikhaoui
Critique, traducteur, programmateur