Résumé
Alors que le Congo prépare la plus grande centrale électrique d’Afrique, les habitant·es de Kinshasa sont englouti·es dans l’obscurité. Dans ce contexte, la population lutte pour l’accès à l’électricité et chacun·e se procure des lumières de fortune pour survivre, mais aussi pour fêter à l’aide de bougies, LED et feux d’artifice. Une impressionnante fresque nocturne.
L'avis de Tënk
« Jésus tient ta lampe pour que je voie ton visage ». Dans les rues de Kinshasa, le déluge a déjà eu lieu. Les pirogues sillonnent la mégalopole et ses habitant·es se préparent à célébrer les fêtes de fin d'année dans l'obscurité. Dans une nuit qui ne semble jamais finir et où personne ne dort, Kudi collecte de l'argent pour racheter le câble électrique volé et pouvoir alimenter son quartier. Davido a dû lui se réfugier dans un quartier voisin suite aux inondations. Enfin, le pasteur Gedeon, prêche auprès de ses fidèles éclairés par des LEDs chinoises. Nelson Makengo nous plonge dans une impressionnante progression au sein d'une société congolaise rongée par la corruption, le doute et le système D. Il s'appuie pour cela sur une image impeccable mais aussi sur une bande son millimétrée : dans l'obscurité, chaque bruit traduit la tension, l'inconfort ou la joie. Les chants rythment la progression de cette allégorie où le générateur en panne et la lutte pour avoir de quoi s'éclairer parlent aussi de la quête de tout un peuple pour retrouver espoir dans l'avenir.
Éva Tourrent
Responsable de la programmation et co-directrice artistique de Tënk