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120 jours
49 min
Belgique, 2023

Production : Gsara, CBA (Centre Bruxellois de l'Audiovisuel)
Français
Anglais

Portrait



Résumé


« Joseph ne peut plus vivre chez lui. Pendant des années, il a parcouru la ville avec son chariot pour amasser des kilos de papiers disparates et collections d’objets en tout genre, saturant son appartement d’un chaos labyrinthique. On dit de lui qu’il a le “syndrome de Diogène”. Il est doté d’une culture vertigineuse et d’un sens de l’humour affuté. Je l’aide à désengorger son intérieur. Une amitié se tisse. » (Messaline Raverdy)

L'avis de Tënk


L'appartement de Joseph déborde d'objets, de documents, de livres. Syndrome de Diogène, dit-on. Messaline Raverdy tente de l'aider à désengorger l'espace. Elle observe ce chaos sans voyeurisme, en tenant Joseph à distance pour mieux l'approcher. La voix et la drôle d'érudition de son personnage irriguent le film tandis que son corps se dérobe. Les extraits de vieux programmes pédagogiques – sur les rayonnements solaires, les nuages, la géologie – composent une autre matière sensible. Se tisse peu à peu un lien entre l'entassement compulsif et ces strates d'images en pellicule : il s’agit de stocker pour ne pas perdre. Le processus d'accumulation résonne avec un passé familial traumatique. Ce film emprunte une texture granuleuse qui fait de chaque plan une trace fragile. Il s'intéresse à la survie des mémoires intimes et collectives, mais aussi à celle des images elles-mêmes. Celles-ci tentent de tenir face au vertige de la disparition. Dans cette amitié entre la cinéaste et Joseph se dessine une lutte contre l'effacement que permet le cinéma.

 

Benoît Hické
Programmateur et enseignant

 

 

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