Résumé
Après quinze ans d’absence, Farah retourne au Liban auprès de son père vieillissant. Dans l’espoir d’une dernière conversation, les deux tentent de trouver une langue commune. Ce sera finalement avec la seule qu’il comprenne : la poésie.
L'avis de Tënk
Le film s’ouvre sur une image forte, celle d’un homme âgé, installé confortablement dans son canapé, face au bourdonnement de la télévision. Nous sommes en novembre 2017 et le premier ministre libanais, Saad Hariri, vient d’annoncer sa démission. Mustapha Kassem, lui, s’assoupit. Avec We are inside la réalisatrice met en scène, avec malice et tendresse, la ligne de partage invisible entre l’intimité protégée et les bruits de la ville. À l’intérieur : l’univers du père, où elle s’initie à la poésie, à ses côtés et avec ses amis. Habités par l’acte de création, ces hommes trouvent refuge dans le pouvoir des mots. À l’extérieur, captées à travers les persiennes et les écrans, la crise économique et l’agitation urbaine. Le temps passe, la colère populaire grandit jusqu’à la seconde démission d’Hariri en octobre 2019. Les cris de révolte résonnent avec le corps déclinant du père, qui doucement s’éteint. C’est le moment choisi par sa fille pour s’aventurer dans la rue, là où le présent s’invente.
Pauline David
Programmatrice, directrice du festival En ville ! (Bruxelles)