Résumé
Qu’est-ce qu’un vêtement raconte de nous, de notre vie, de notre passé, de nos espoirs, de nos renoncements ? Le vêtement est une part de nous-mêmes. Une protection, un rempart, une mise en valeur, un faux-semblant, une identité, une mémoire. Il change selon nos envies, nos contraintes, l’âge, les saisons, la profession… Il peut- être militant ou midinette. Il est le passeport des ados, le masque que l’on enfile pour se cacher, se révéler, avoir l’air de quelqu’un, en imposer, disparaitre.
L'avis de Tënk
Dans un autre film de Stéphane Mercurio, des femmes de détenus préparent les vêtements destinés à leurs maris. L’une d’elles raconte qu’elle porte parfois les habits de son compagnon pour se sentir au plus proche de lui. C’est peut-être cette séquence qui a fait naître, chez la réalisatrice, le désir du film dont il est question ici. Peut-être est-ce la lecture de Dressing, de l’essayiste et éducatrice pénitentaire, Jane Sautière qui lui a inspiré cette séquence, et plus tard le beau documentaire Les Habits de nos vies, où les souvenirs et histoires des un·es entrent en résonance avec les nôtres. Surtout, Stéphane Mercurio sait faire apparaître à l’écran des présences. Celles de personnes que son cinéma n’a cessé d’écouter, d’accompagner et de rendre visibles, dans leur singularité et dans leur dignité. Ici elles prennent les traits de Cécile, engagée dans les luttes des gilets jaunes, de Nouho, jeune migrant, ou de Nathalie, qui a longtemps dissimulé un passé de violences subies derrières des vêtements trop larges.
Pauline David
Programmatrice, directrice du festival En ville ! (Bruxelles)