Résumé
« C’est l’histoire de Madeleine, qui quitte la France pour l’Afrique, sur un coup de tête, avec sa fille Félicie. C’est l’histoire d’Abdou, originaire d’un petit village du Niger, qui devient leur domestique. Cette histoire se passe juste après l’Indépendance. C’est l’histoire de ma famille. » (Dinah Ekchajzer)
L'avis de Tënk
Au milieu du film, une question rhétorique résume ce qui s’y déploie : « Même avec les meilleures intentions du monde, une relation d’égal à égale était-elle possible entre Abdou le boy, le noir, et Madeleine, la patronne, la blanche ? »
Dans cette histoire les rapports de classe et de race nous sautent aux yeux. Alors bien sûr c’est plus complexe que ça. Car c’est une histoire intime. Les histoires intimes sont toujours plus complexes. Il y a de l’amitié, peut-être même de l’amour, mais la réalisatrice n’est pas dupe. Madeleine, Abdou et les autres personnages de l’histoire font partie d’un tableau plus grand dont ils ne peuvent totalement s’extraire.
La réalisatrice recolle avec brio et inventivité plastique les morceaux d’une histoire que sa grand-mère n’a pas pu lui raconter. Les archives sont riches mais ce film est aussi une histoire de mémoires absentes. La mémoire qui s’enfuit avant d’être transmise, et celle à laquelle on n’aura pas accès, malgré la volonté de la réalisatrice : celle d’Abdou.
Alizée Mandereau
Programmatrice