Résumé
Après avoir survécu, enfant, aux prisons de l’État islamique, Rashid a maintenant retrouvé sa famille à Sinjar, au nord-ouest de l’Iraq. Désormais adolescent, le jeune Yézidi rêve d’un avenir meilleur. Mais la paix reste fragile, et la haine contre sa communauté resurgit. Au seuil de l’âge adulte, Rashid doit se réinventer au milieu de bouleversements quotidiens, hésitant à s’exiler.
L'avis de Tënk
Face au miroir, un ado ajuste patiemment sa coiffure. Rashid est comme tous les ados de son âge. Il zone avec ses potes, prend des selfies, essaie de trouver sa place. Mais ses beaux yeux bleus, ses boucles rousses, sa peau blanche ont fait de lui la cible des humiliations de ses geôliers. Son regard se voile quand il évoque ses années dans les camps de Daesh. Membre de la minorité kurdophone et non musulmane Yézidie, son enfance lui a été volée. Sa famille a été décimée par le génocide de 2014. Comme à son habitude, Jasna Krajinovic dresse un portrait tout en délicatesse. Elle suit Rashid pendant 5 ans, entre ses 13 et 18 ans. Et on le voit grandir au milieu des siens, espérer le retour de sa petite sœur encore captive. On comprend par petites touches, la difficulté de continuer à vivre quand la menace est toujours là. Comme ce sourire immense qui inaugure le film et disparait soudainement à l’évocation du passé, le film est fait de lumières et d’ombres. Une rencontre qui ne s’oublie pas.
Éva Tourrent
Responsable de la programmation et co-directrice artistique de Tënk