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124 jours
83 min
Belgique, 1956

Production : Jean Harlez Films
Français
Anglais

Jeunesse



Résumé


Dans les rues étroites d’un quartier populaire bruxellois, le vrai refuge des enfants est un terrain vague. Un jour arrivent des hommes en chapeau mou qui déploient palissades et papiers… Pour les enfants, c’est mauvais signe. Ils décident de livrer une guerre sans merci aux architectes et entrepreneurs.

L'avis de Tënk


« La Belgique aura-t-elle bientôt un Voleur de bicyclette ? » se demandait le journaliste Paul de Swaef sur le tournage du Chantier des gosses en 1956. La débrouillardise du néoréalisme n’est pas loin en effet : le réalisateur va jusqu’à fabriquer sa propre caméra, et le film, tourné en muet, attendra le début des années 1970 pour être sonorisé, faute de moyens. L’énergie est bien bruxelloise néanmoins, tant le film de Jean Harlez adopte le rythme d’une BD de Quick et Flupke. Réalisé avec les habitant·es des Marolles, au pied de l’imposant Palais de Justice, Le Chantier des gosses capture l’âme d’un quartier populaire menacé de démolition et la poésie des friches, terrains de jeu des ketjes (gamins). Face aux expropriations et au béton des grands ensembles, la résistance s’organise, et, bientôt, le film vibre de l’insoumission marollienne. Plus tard, La Bataille des Marolles (1969), l’Opération matelas* (1989), ou la lutte victorieuse contre le parking du Jeu de Balles (2014), montreront que cette âme frondeuse reste bien vivante.

Pauline David
Programmatrice, directrice du festival En ville ! (Bruxelles)

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