Résumé
Un adolescent résiste aux attentes sociales, dont celles de ses parents, désemparés par ses choix. De train en train, il voyage sans viser une destination précise. Il grimpe d’un wagon à l’autre, jetant son sac devant lui et s’installant provisoirement. Le paysage défile, l’échappée est belle, elle semble sans fin.
L'avis de Tënk
Jan Gášek est un jeune homme qui ne veut pas travailler. Jan Glìn est un aventurier invisible, un habitant des trains de marchandises européens. « JANG », c’est la marque de son passage. De leur passage à tous les deux. Deux versions de Jan qui coexistent dans un même corps. Comme une façon frénétique de laisser une trace, il marque à la craie son parcours sur les rails. Un parcours qui touche tout. Ce qu’il est. Ce qu’il ne veut pas devenir. Est-ce qu’il esquive la fin d’une liberté d’être ? La peur de ne plus exister que par un travail ? Des éléments de réponse nous arrivent par morceaux, par des images en pellicule, par un montage fragmenté qui matérialise un certain sentiment d’errance. La caméra agit alors comme une raison de se mouvoir. Une raison qui filme, et qui dans cet acte, affirme qu’elle filme des choses qui comptent. Sinon elle ne filmerait pas. Sinon il n’y aurait pas de trace de Jan, pas de tag à son nom, pas d’archives vidéos filmées au téléphone. Seulement des trains qui roulent. Et c’est possiblement tout.
Loane Bouillet
Chargée de médiation et de mobilisation des publics chez Tënk