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90 min
Vénézuela, France, 1959

Musique originale : Guy Bernard Production : Caroni Films C.A., Films de l'Archer
Espagnol
Français


Écologie



Résumé


La péninsule vénézuélienne d’Araya est l’un des endroits les plus secs de la planète, exploité depuis plus de cinq cents ans en raison de ses abondantes mines de sel. La réalisatrice Margot Benacerraf capture la vie des salineros à travers des images à couper le souffle, soulignant la dureté de la vie dans cette région – un mode de vie qui a disparu avec l’arrivée de l’industrialisation.

L'avis de Tënk


Margot Benacerraf (1926) est née au Vénézuéla mais elle est d'origine juive marocaine. Elle a été l'une des premières cinéastes latino-américaines à étudier à l'IDHEC à Paris, entre 1949 et 1951 : c'est pendant ces années qu'elle a découvert le cinéma. Araya (1959), son seul long-métrage ne doit pas être considéré comme un ovni inexplicablement tombé du ciel, mais comme le fruit de la vision multiculturelle et des goûts cinéphiles de Benacerraf. C'est une œuvre moderniste bâtie sur les citations et les reprises : on y retrouve la puissance plastique et sculpturale de Que Viva Mexico ! (1931), le film inachevé de Sergueï Eisenstein, la mythologie lyrique et l'humanisme communautaire de L'Homme d'Aran (1934) de Robert Flaherty, le raffinement visuel proche du formalisme du cinéma mexicain de Redes (1936) de Paul Strand et Fred Zinnemann, le récit ancestrale et polyphonique de La terre tremble (1948) de Luchino Visconti. Et pourtant la réalisatrice n'avait pas les moyens de ses maîtres (elle a tourné son film en équipe ultra réduite, deux personnes!), ni leur vision documentaire : elle a tout écrit avant de tourner, en planifiant méticuleusement le film comme un poème et comme une fiction.

 

 

Federico Rossin
Historien du cinéma, programmateur indépendant

 

 

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