Ce film comporte des images très violentes.
Résumé
Pendant des décennies, le photographe de guerre James Nachtwey a parcouru les contrées du monde traversées par des conflits, des crises, des guerres… Le réalisateur Christian Frei l’a suivi durant deux ans sur le terrain. D’abord membre de l’agence Magnum de 1986 à 2001 puis cofondateur de l’agence VII, Nachtwey est au Kosovo quand les villes sont détruites, en Indonésie quand les familles de mendiants se réfugient entre les rails de chemin de fer, ou encore en Palestine au plus fort des conflits. James Nachtwey est là où le monde « s’effondre ».
L'avis de Tënk
On peut penser à une célèbre photographie prise par Gilles Caron au Biafra en 1968, représentant Raymond Depardon penché sur un enfant décharné, afin de le filmer. Photographe de guerre pose la même question que cette image. Une question éthique dont la réponse mérite la complexité, et qui se loge aussi au plus profond des gens comme James Nachtwey. Photographier l'horreur et la détresse nécessite le sérieux et l'empathie.
Le film nous fait le portrait de cet homme taciturne par des entretiens, des scènes de reportage et des images « embarquées » à même l'appareil-photo. Il nous bouscule par l'extrême violence des images et nous questionne sur la démarche, sur le lien aux personnes photographiées, sur les regards – les nôtres – qui se porteront plus tard sur leurs visages.
James Nachtwey prône le sérieux et l'empathie. Et il est mû par un optimisme à peine croyable. Un optimisme qui lui fait dire : « Si la guerre est une tentative de nier l'humanité, alors la photographie peut être considérée comme le contraire de la guerre ».
Jérémie Jorrand
Responsable de l'éditorialisation et co-directeur artistique de Tënk